mardi 10 septembre 2013

Pierre Piccinin : "Ce n’est pas le gouvernement de Bachar al-Assad qui a utilisé des gaz de combat dans la banlieue de Damas"


L’ex-otage belge en Syrie Pierre Piccinin raconte sa détention à la RTBF : lui et son compagnon d’infortune ont été torturés. Selon lui, il est trop tard pour intervenir contre Bachar al-Assad. Il affirme que ce n’est pas le gouvernement syrien qui a fait usage de gaz de combat dans la banlieue de Damas.
9 SEPTEMBRE 2013
L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata est arrivé à Bruxelles ce lundi matin à 05h40, en provenance de Rome. Enlevé en Syrie en avril dernier, il a été libéré dimanche soir en même temps que l’Italien Domenico Quirico, journaliste au quotidien La Stampa.
Pierre Piccinin a été accueilli à Melsbroek par ses parents, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet, le directeur du centre de crise Jaak Raes ainsi que des représentants de la police fédérale.
Interrogé par Sacha Daout, Pierre Piccinin raconte que Domenico Quirico et lui-même ont été capturés par l’Armée syrienne libre. Ils ont été ensuite livrés à "un groupe de brigands islamistes", qui les ont coupés de tout contact avec l’extérieur pendant deux mois. Il a pu ensuite téléphoner clandestinement et brièvement à sa famille.
Fausses exécutions
Après avoir marché pendant deux jours et deux nuits avec un groupe de plusieurs milliers de civils et de combattants syriens vers le nord du gouvernorat de Damas, ils ont été livrés au groupe Al-Farouk, un des grands mouvements de la révolution. Ce groupe les a plusieurs fois déplacés à travers le pays.
Pierre Piccinin poursuit en expliquant que, à certains moments de leur détention, les deux otages ont été maltraité, et même torturés. On les considérait comme des sous-hommes : ils ont été "maltraités, brimés, frappés à plusieurs reprises" et même torturés. "Domenico a subi deux fausses exécutions", dit-il. Il explique avoir tenté deux évasions avec son compagnon de captivité, dont une qui leur aura valu une sévère punition lorsqu’ils ont été repris, après deux jours de cavale dans les campagnes.
Pierre Piccinin déclare ne rien savoir des négociations qui ont eu lieu pour sa libération. Tout ce qu’il dit, c’est que cela a été pris en charge par les autorités italiennes. Mais il indique qu’une cellule de crise belge suivait l’évolution de la situation, et que ses parents ont reçu une "aide psychologique très sérieuse et très précieuse".
Ce n’est pas le gouvernement syrien qui a utilisé les gaz
Selon Pierre Piccinin, ce n’est pas le gouvernement de Bachar al-Assad qui a utilisé des gaz de combat dans la banlieue de Damas. Il tire cette conclusion d’uneconversation qu’il a surprise au cours de sa détention [voir la vidéo ci-dessous, de 13:50 à 15:00].
Pierre Piccinin estime qu’il ne faut pas intervenir en Syrie, et en tout cas pas en réaction à l’utilisation de gaz de combats. Il poursuit : "Qui soutenir maintenant ? J’ai longtemps plaidé pour qu’on soutienne l’Armée syrienne libre, c’étaient des officiers sérieux qui désertaient l’armée du régime pour encadrer la révolution [1] , et lui donner un élan démocratique et laïque. On n’a pas soutenu ces gens ; on a laissé des myriades de mouvements islamistes soutenus par des monarchies du Golfe prendre le dessus. On a laissé cette armée libre à l’abandon et, dans la déliquescence, elle a formé une série de groupes de bandits. Qui va-t-on soutenir maintenant ? C’est trop tard".
Un enseignant de Philippeville
Habitué des voyages dans le monde arabe, cet enseignant de l’athénée Jean Rostand à Philippeville avait disparu en Syrie depuis le mois d’avril et les supputations les plus pessimistes s’étaient multipliées depuis le dernier signe de vie que l’enseignant avait donné, via Skype, le 17 avril. Il avait eu, en juin dernier, une brève conversation avec ses parents, qui habitent Gembloux.
Septième voyage en Syrie
Le chercheur s’est notamment rendu à Homs, Hama et Rastane, viviers de la contestation populaire. Il avait été interpellé dès son retour à Damas.
L’historien et politologue de formation effectuait son septième voyage en Syrie depuis le début du soulèvement populaire en 2011. Pierre Piccinin avait été, dans un premier temps, relativement sceptique quant à la rébellion syrienne et défendait des thèses proches de celles du régime de Bachar al-Assad. Cependant, il avait été enlevé et torturé aux côtés de rebelles pendant six jours lors de son troisième séjour en Syrie en mai 2012. Il avait alors pris la défense du soulèvement populaire contre le régime baasiste.
Le 12 août dernier, on apprenait que les services italiens étaient en contact avec les ravisseurs de Domenico Quirico, le journaliste de La Stampa qui accompagnait Pierre Piccinin. La presse italienne annonçait alors que les services italiens avaient bon espoir de conclure un accord avec les ravisseurs, la ministre italienne des Affaires étrangères évoquant pour sa part son "optimisme prudent".
RTBF avec agences , 9 septembre 2013.

Voir également l’interview de Pierre Piccinin par rtlinfo.be

Commentaire de Silvia Cattori
Les révélations de Pierre Piccinin au sujet de l’usage d’armes chimiques par les rebelles ne font que confirmer les informations que nous n’avons cessé de publier mais qui ont été systématiquement occultées par la presse de grande diffusion. Cela aussi bien sur l’attaque du 21 août dans la banlieue de Damas [2], que, auparavant, sur la possession d’armes chimiques par les rebelles et leur attaque du 19 mars à Khan-Al-Asal, près d’Alep [3]. La vraie surprise est que Piccinin en vienne à l’admettre malgré son fervent parti-pris pro-rebelle.
Il en va de même des propos de Piccinin rapportés par divers journaux concernant la responsabilité des rebelles dans l’assassinat de Gilles Jacquier - le reporter de France 2 tué à Homs en janvier 2012 – lorsqu’il affirme avoir entendu ses geôliers dire à son propre sujet qu’ils pourraient le liquider et faire « passer ça comme un crime du régime, comme on l’a fait avec le Français Jacquier ». Il était évident que les tirs qui avaient tué Jacquier étaient venus de la zone des rebelles. La thèse d’un « guet-apens » du régime avancée par Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallélian, deux journalistes suisses qui se trouvaient alors à Homs, était absurde. Calquée bien évidemment sur la version mensongère des services de renseignements français dans le cadre d’une désinformation [4] devant servir la diplomatie française dans sa croisade contre le régime de Bachar el-Assad.


[1] Sur son engagement au côté des groupes terroristes en Syrie voir :
« Syrie : Pierre Piccinin et la monstrueuse illusion de l’"ingérence humanitaire" », par Silvia Cattori, 10 juin 2012.
http://www.silviacattori.net/article3302.html

1 commentaire:

  1. Ce type est un bouffon de première et un opportuniste d'avant-garde !
    Il n'y a pas si longtemps, il vilipendait et insultait le gouvernement Syrien, le traitant de nazi et autres stupidités...Et aujourd'hui pour se donner une aura qu'il n'aura jamais, il veut remplir son compte en banque en criant haut et fort: Je veux de l'argent, i need money...Par ici la caisse !

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