mardi 30 juillet 2013

Syrie : Le biais des médias en faveur des groupes terroristes épinglé

La lettre que nous publions ici, datée de mai 2012, demeure malheureusement d’actualité. Son auteur, syrienne, dit son amertume et son incompréhension à l’égard de journalistes dont la couverture médiatique biaisée innocente les groupes radicaux et contribue à répandre leur propagande, alors qu’ils sont, de toute évidence, responsables des attentats qui ensanglantent la Syrie. Ce qui est inquiétant est qu’aujourd’hui, malgré le fait que les actes de barbarie commis par ces groupes "rebelles" sont abondamment documentés par les sites internet d’information, la presse traditionnelle continue de présenter les insurgés comme une alternative. Les « bons » contre le « méchant » Bachar el-Assad (qui a pourtant le soutien de plus de 70% des Syriens, raison pour laquelle il n’est pas encore tombé).

24 JUILLET 2013
A l’attention de Madame Silvia Cattori
Constatant que les principaux médias ont publié [le 10 mai 2012] un article de l’AFP donnant une interprétation tendancieuse des évènements qui frappent la Syrie (*) je me dois de réagir. Cet article tend à faire porter la responsabilité du double attentat terroriste, qui a ensanglanté Damas le 10 mai, au gouvernement syrien et non pas aux « rebelles ».
Voici mes remarques.
Il y a mille et une manières de contribuer à massacrer un peuple et à détruire un pays. Par leurs commentaires favorables à des forces qui commettent des crimes en Syrie, comme hier en Libye, de nombreux journalistes légitiment ces crimes et s’en font les complices. Il en va de même pour les rédactions qui publient leurs articles.
Nous Syriens qui connaissons ce qui se passe en vérité dans notre pays, que trouvons-nous dans la presse depuis plus d’une année ?
Des images truquées, des reportages falsifiés, des articles qui ne font entendre qu’un seul et unique point de vue : celui d’une « opposition » extérieure décrédibilisée étant liée aux diplomaties et aux décisions occidentales et de certains Etats arabes ; et le point de vue des groupes militarisés financés et armés par des puissances étrangères.
Les terribles attentats suicides et les opérations militaires perpétrés par des « rebelles » - qui veulent renverser le gouvernement légal de Bachar el-Assad, ceci contre la volonté de son peuple - ont tué et blessé des milliers de Syriens.
Les journalistes ont à chaque fois commenté les carnages traumatisants qui se sont succédé en Syrie comme étant commandités par le gouvernement Assad, qu’ils qualifient à tort de « sanguinaire », « tyran », alors même que toute l’armée et le peuple sont unis avec lui et se sacrifient pour résister aux agresseurs.
Depuis une année, tous les commentaires sur la Syrie sont en faveur de ce que les Syriens qualifient de gangs. De mercenaires qui ont pour but de détruire notre patrie.
Hier, après le carnage qui a coûté la vie à plus de 55 Syriens, mutilé gravement et blessé 372 autres - alors qu’il ne fait aucun doute que ce double attentat a été perpétré par les gangs de l’ « opposition » et que l’écrasante majorité du peuple syrien est unie derrière son président - la presse en France, s’appuyant sur les dépêches tendancieuses de l’AFP, n’a rien trouvé d’autre à dire que : « le régime et l’opposition se rejettent mutuellement la responsabilité ».
Ou encore :
« Le régime de Bachar al-Assad est confronté depuis près de 14 mois à une révolte populaire qu’il refuse de reconnaître et réprime dans le sang. Il accuse des "terroristes" d’être à l’origine des violences dans le pays et de commettre ces attentats ».
« L’opposition syrienne accuse de son côté le régime de "fabriquer" ces attentats ».
« La répression par le régime de la révolte populaire qui s’est militarisée au fil des mois et les combats entre soldats et insurgés ont fait près de 12.000 morts depuis mars 2011, en grande majorité des civils tués par les troupes gouvernementales. »
Tout cela participe d’une désinformation qui couvre les crimes de ces gangs qui opèrent en Syrie pour servir l’agenda de puissances étrangères et non pas les attentes du peuple syrien. Tout cela a déjà trop duré.
1) Pourquoi les journalistes, dont le devoir est de dire la vérité, continuent-ils de qualifier le gouvernement syrien de « régime de Bachar el-Assad » alors que c’est un gouvernement légitime et légal aux yeux de la grande majorité du peuple syrien ? Auraient-ils qualifié le gouvernement français confronté à des gangs terroristes de « régime de Nicolas Sarkozy » ?
2) Pourquoi qualifient-ils de « révolte populaire », de « révolution », « d’opposition pro démocratie » les actes de barbarie (les attentats tuant des centaines de personnes, des décapitations) commis par des gangs terroristes contre le peuple syrien qui lui se rallie en majorité à son gouvernement ?
3) Pourquoi les médias mettent-ils uniquement en évidence les manifestations clairsemées de Syriens fanatisés, très minoritaires, qui veulent la chute du « régime », et ne parlent-ils pas des grandes manifestations quotidiennes des millions Syriens qui soutiennent l’action du gouvernement de Bachar el-Assad et qui condamnent la barbarie de ces groupes de terroristes qui détruisent leur patrie et terrorisent son peuple ?
Je reviens sur ce passage tendancieux et mensonger de l’AFP disant que « Le régime de Bachar el-Assad est confronté depuis près de 14 mois à une révolte populaire qu’il refuse de reconnaître et réprime dans le sang ».
Pourquoi les médias ne disent-ils pas que - malgré toutes les tentatives de déstabilisation que subit la Syrie - des réformes sont en cours, une nouvelle Constitution a été approuvée par le peuple, et des élections législatives sont en cours avec la participation de plusieurs partis et forces indépendantes ? Pourquoi ne parlent-ils que de ces « opposants », venus de l’extérieur qui refusent le vote par les urnes et prétendument « demandent la démocratie » ?
Il est mensonger de dire que Bachar el-Assad « réprime dans le sang… ». Il serait plus vrai de dire qu’il combat les criminels qui ont du sang syrien sur les mains et s’en vantent... Voir le témoignage terrifiant qu’a recueilli Der Spiegelhttp://www.infosyrie.fr/re-information/der-spiegel-a-interroge-des-rebelles-tortionnaires-de-bab-amr/
En Syrie, tous les jours les gens vous parlent des actes de barbarie qu’ils voient de leurs propres yeux. Et les journalistes, eux, s’attachent depuis le début des troubles à faire la part belle aux gangs armés, ce qui revient à approuver leurs crimes.
Il est étonnant de constater que, quand les journalistes syriens ont attribué les deux attentats épouvantables de Damas à ces terroristes, les médias (Libération, La Croix, Le Figaro, Le Monde, etc) ont mis ce terme entre guillemets, alors que c’est une évidence que ce sont des « opposants » terroristes qui ont commis ces attentats.
Cela ne montre-t-il pas que la version mensongère des faits concernant la Syrie est dictée par une ligne éditoriale délibérément biaisée ?
Les rédactions se rendent ainsi complices des crimes odieux commis par ces fanatiques islamistes contre le peuple syrien.
« L’opposition syrienne accuse de son côté le régime de "fabriquer" ces attentats. » dit en conclusion l’article de l’AFP.
De quelle « opposition » parle-t-il ?
Seule, la pseudo opposition liée au Conseil national syrien, financée par le Qatar, peut parler ainsi. Car elle n’est qu’une fiction, pas une véritable opposition, raison pour laquelle elle soutient les bandes armées qui détruisent la Syrie. Cette fausse opposition est récusée par la grande majorité des Syriens qu’elle prétend représenter.
La vraie opposition démocratique syrienne en Syrie n’a aucun doute sur l’origine de ces attentats barbares. La véritable opposition fait face à la menace terroriste qui pèse sur le pays et fait front avec le gouvernement.
L’article de l’AFP, qui a été repris par tous les médias, laisse également entendre que cette prétendue opposition s’est« militarisée au fil des mois ». C’est faux. Ces groupes armés étaient infiltrés et actifs dès le début dans les manifestations pacifiques. Ce qui a fait fuir les manifestants pacifiques et les a ralliés à Bachar el-Assad.
Ce sont les actes de violence de ces gangs infiltrés dans les manifestations qui ont amené le peuple syrien à se distancer des opposants islamistes qui partaient des mosquées pour manifester le vendredi. Peut-on qualifier d’« opposition », de « démocrates » ces bandes armées dotées d’un armement très sophistiqué, de fabrication US, française et israélienne, transporté par des navires en provenance de Libye et à destination des « révolutionnaires » de la prétendue Armée syrienne libre ?
L’article de l’AFP publié sans rien vérifier, se termine sur un autre mensonge : « 12.000 morts depuis mars 2011, en grande majorité des civils tués par les troupes gouvernementales ». Qui a établi ces chiffres ? Qui les a vérifiés ? Un Observatoire (OSDH) bidon basé à Londres auquel les journalistes –et l’ONU- curieusement se réfèrent. Les Syriens qui réclament partout en Syrie la présence de l’armée pour les protéger, eux seuls peuvent parler de la Syrie et de sa souffrance.
Ce qu’en disent les propagandistes acquis aux « rebelles », à des groupes qui veulent la destruction de notre pays, n’est que fabrication de fausses informations. Les journalistes qui relayent leur propagande - en violation de la mission du journaliste qui est de dire la vérité - se rendent complices des crimes monstrueux que cette « opposition armée » dévoyée commet contre toute la population syrienne.
Roula K
12 mai 2012
(*) Liens de journaux (liste non exhaustive) ayant relayé le 10 mai 2012 l’article tendancieux de l’AFP.


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