lundi 22 juillet 2013

Les Kurdes de Syrie vont créer un gouvernement autonome temporaire


  
Les Kurdes de Syrie prévoient de créer un gouvernement autonome temporaire pour administrer les régions où ils sont majoritaires dans le nord du pays ravagé par la guerre, ont affirmé vendredi à l'AFP des responsables kurdes.
"Nous pensons que la crise en Syrie n'est pas prête de se terminer, donc nous avons besoin de créer une entité autonome démocratique dans le Kurdistan occidental", a déclaré Saleh Muslim, chef du Parti de l'union démocratique (PYD), émanation syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme "terroriste" en Turquie.
La région que le PYD appelle "le Kurdistan occidental" correspond aux territoires à majorité kurde dans le nord de la Syrie, notamment la province de Hassaka et des parties de la province d'Alep.
 La création de ce gouvernement "a été notre projet depuis 2007", a ajouté Muslim, insistant sur son aspect temporaire.
 "C'est provisoire", a-t-il assuré. "Une fois qu'il y aura un accord large sur l'avenir de la Syrie, nous mettrons fin à cette autonomie", a-t-il ensuite avancé.
   Shirzad Izidi, un porte-parole du conseil populaire du Kurdistan occidental, un autre groupe kurde syrien, a confirmé ce projet de création d'un gouvernement temporaire.
"Cette administration kurde va servir de gouvernement local temporaire et va prendre des mesures pour organiser des élections dans les territoires kurdes", a expliqué Izidi à l'AFP.
"A certains égards, cela sera similaire à l'expérience du Kurdistan (irakien)", a-t-il ajouté.
Shirzad Izidi a précisé que des propositions sur la formation d'un gouvernement et la tenue d'élections étaient en cours de discussion entres les différentes parties kurdes, ajoutant que l'idée "d'une Constitution temporaire" a été avancée.
   Les territoires kurdes du Nord syrien sont administrés par des conseils locaux de cette ethnie depuis le retrait de l'armée de Bachar al-Assad de neuf localités kurdes en 2012.
Les Kurdes représentent environ 15% de la population syrienne et usent en Syrie de la même stratégie que leurs frères irakiens, qui ont profité des crises successives ayant secoué le pays pour imposer au pouvoir central de Bagdad une autonomie complète.
   Leurs intérêts communautaires et leurs valeurs laïques en font aujourd'hui des adversaires des forces qui combattent le régime de Bachar al-Assad, elles-mêmes en proie à de vives tensions entre l'ASL -- soutenue par des pays arabes et occidentaux-- et le Front Al-Nosra et l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), deux groupes affiliés à Al-Qaïda.
Une trentaine de combattants islamistes et kurdes ont été tués cette semaine en deux jours de heurts dans le nord-est de la Syrie.


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