mercredi 24 juillet 2013

Le Hezbollah ne quittera pas la Syrie (al-Akhbar)

L’évaluation à laquelle ont procédé des responsables officiels libanais quelques heures après la décision européenne de placer l’aile militaire du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes a abouti aux données suivantes:
1-La distinction opérée entre les branches politique et militaire du Hezbollah n’est qu’illusion avec un parti dont la réputation a été forgée par son aile militaire, qui constitue la colonne vertébrale de son rôle et de sa présence, au vu de son attachement à la résistance, à ses armes et à la pérennité de sa mission liée à la poursuite de la menace israélienne au Liban-Sud. Il s’agit de jumeaux inséparables.
La vérité est que des ministres et des députés du parti ont envoyé leurs enfants, il y a deux mois, se battre à Qoussair contre les rebelles syriens aux côtés des troupes de Bachar al-Assad. Certains d’entre eux ont même été blessés. Cela constitue un indice qui supprime toute confusion au sujet de l’enchevêtrement de la relation entre les ailes militaire et politique. Le parti estime en fait avoir acquis son prestige et son respect aux yeux de l’Occident, ou la haine qu’il suscite chez une partie de cet Occident, de sa force, qu’il tire de son arsenal et de la menace qu’il représente pour Israël.

2-La recommandation de l’Union européenne intervient dans un moment de confusion, alors que le Hezbollah avait offert à plus d’une occasion la possibilité de subir une telle sanction, surtout après la guerre de 2006. Malgré cela, l’UE s’était abstenue de l’inscrire sur sa liste noire. Après la guerre de juillet, l’ambassade de Grande-Bretagne à Beyrouth avait même ouvert un dialogue avec ce qu’elle appelait l’aile politique du parti, organisant des rencontres avec ses députés. Le dialogue a ensuite été interrompu subitement, puis la distinction a été opérée avec l’aile militaire.
3-Il serait illogique de croire qu’une telle mesure, précédée par une décision similaire du Conseil de coopération du Golfe (CCG) considérant le Hezbollah comme une organisation terroriste après son rôle dans la prise de Qoussair, puisse pousser le parti à ne plus intervenir en Syrie.
La campagne de dénigrement lancée par le CCG contre le Hezbollah ne l’a pas fait broncher, et il a poursuivi son but, qui est de relier le centre de la Syrie à la Békaa du nord. Le président Assad n’a besoin ni des effectifs du Hezbollah ni de ses armes mais de son expertise et de son expérience dans les combats de rue, acquise lors des offensives israéliennes de 1993, 1996 et 2006, et auxquels son armée n’était pas prête.
4-La distinction faite par les Européens entre les ailes politiques et militaires du Hezbollah vise à ne pas faire assumer au gouvernement libanais actuel et à venir le poids de la décision de l’UE. Des responsables officiels libanais avaient entendu de la bouche d’ambassadeurs occidentaux que leurs pays étaient déterminés à ne pas briser la stabilité du Liban.
Ils ne voyaient pas dans l’enthousiasme affiché par leurs gouvernements respectifs à inscrire le Hezbollah sur la liste noire une volonté de remettre en cause cette stabilité mais un message reflétant leur évaluation négative de son rôle interne et externe.


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