dimanche 7 juillet 2013

Egypte: Washington "très inquiet" de la situation sur le terrain

Les Etats-Unis se sont dits mercredi "très inquiets" de la situation en Egypte et ont appelé le président Morsi à "en faire plus" pour répondre aux inquiétudes des manifestants égyptiens.
  
"Nous restons très inquiets de ce que nous voyons sur le terrain en Egypte", a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat. "Nous avons le sentiment qu'il manquait des propositions déterminantes dans les propos du président Morsi", a-t-elle poursuivi, évoquant le discours prononcé mardi par Mohamed Morsi.
  
Washington pense que le président égyptien "devrait en faire plus" pour répondre aux demandes des manifestants, a poursuivi la porte-parole: "Des actes sont plus forts que des paroles".
  
La proposition faite par Mohamed Morsi d'un gouvernement de consensus "avait déjà été faite auparavant", et n'est pas apparue "suffisante" aux yeux de beaucoup en Egypte, a par ailleurs pointé Jennifer Psaki, soulignant toutefois que ce n'était pas le rôle de Washington d'en juger.
  
Interrogée sur l'éventualité de voir les Etats-Unis couper l'aide militaire de plus d'un milliard de dollars annuels versée au Caire, elle a assuré qu'il serait "prématuré de laisser entendre que nous avons pris de telles mesures ou que nous y songeons".
Des appels sans arrêt
Mardi, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel s'était entretenu par téléphone avec Abdel Fattah al-Sissi, son homologue égyptien, par ailleurs chef de l'armée qui venait de lancer un ultimatum au président Mohamed Morsi, a affirmé mercredi le porte-parole du Pentagone, George Little.
  
Refusant d'évoquer la teneur de leur conversation, M. Little a réitéré la position américaine selon laquelle les Etats-Unis "soutiennent le processus démocratique en Egypte".
  
 M. Hagel avait déjà appelé M. al-Sissi en fin de semaine passée, selon M. Little qui a précisé que Washington "ne soutenait aucun groupe ou parti."
 "Nous croyons que cela doit se résoudre par des moyens politiques", a-t-il plaidé.
  
Le Pentagone entretient d'étroites relations avec l'armée égyptienne depuis la fin des années 1970. Le Caire est l'un des principaux récipiendaires de l'aide militaire américaine qui s'élève cette année encore à 1,3 milliard de dollars.
  
Seuls Israël, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Irak perçoivent davantage de fonds de la part de Washington pour leurs besoins militaires.
 "Nous espérons pouvoir maintenir cette relation après la fin de la crise", a ajouté le porte-parole du Pentagone.
  
Cependant, en cas de coup d'Etat militaire, le Pentagone serait d'un point de vue légal vraisemblablement tenu de suspendre son assistance, comme il l'a fait avec le Mali après le coup d'Etat de 2012.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire