vendredi 28 juin 2013

Le Hamas au bord de l’implosion. Prochaine victime du complot raté contre la Syrie ?









Après Erdogan, empêtré dans une révolte populaire tenace, après l’émir du Qatar obligé d’abdiquer, après le président égyptien Morsi dont le pouvoir vacille sous les vents d’une société civile largement hostile, tout indique que le Hamas sera le prochain à payer au prix fort sa trahison du "grand frère syrien".

"Grand frère" sans qui, jamais le Hamas n’aurait pu devenir une organisation aussi puissante et structurée, tant politiquement que militairement, capable de gérer la Bande de Gaza d’une main de fer.

Seulement aujourd’hui, le Hamas est pris au piège de ses propres contradictions, contradictions résultant de son brutal retournement de stratégie politique à l’aune de la crise syrienne engendrant de profondes confusions et divisions à l’intérieur même du mouvement palestinien.

Les uns après les autres, ce qui faisait les fondamentaux de la politique du Hamas (appartenance à l’axe de la résistance Damas-Téhéran-Beyrouth, non-reconnaissance de l’état d’Israël, refus catégorique de mettre fin à la lutte armée) sont remis en cause au profit d’une nouvelle ligne politique directrice, qui prend d’avantage en compte les instructions de Doha et les prêches d’al-Qaradawi, plutôt que les intérêts du peuple palestinien…

Il faut se souvenir qu’au début des troubles en Syrie, les manifestations favorables à l’opposition syrienne étaient strictement interdites à Gaza, alors qu’il y à peu, les gazaouis qui manifestaient contre les bombardements israéliens à Damas, ont été violemment réprimés par la police du Hamas.

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Ce fait anecdotique traduit une réalité.

De la résistance à Israël au "jihad contre Bachar".

Récemment, Abdel Aziz Dweik le membre le plus important du Hamas en Cisjordanie à déclaré au journal arabe Echorouk qu’il était plus urgent "d’arrêter les massacres en Syrie, plutôt que de faire le jihad pour libérer la Palestine"…

Arrêter les massacres est implicitement un encouragement fait aux combattants palestiniens qui le souhaitent de rejoindre les rangs de l’ASL et du front Al-Nosra dans leur lutte contre l’armée syrienne.

Cette déclaration a été condamnée aussi bien par le Fatah que par le FPLP et n’a probablement pas manqué de rajouter de la confusion parmi les membres des Brigades al Qassam (branche militaire du Hamas) qui considèrent que la libération de leur propre patrie prime sur tout le reste…

Ces déclarations prennent tout leur sens lorsque l’on sait que début juin, l’armée arabe syrienne, appuyée par le Hezbollah, a trouvé, dans les décombres de la ville de Qousseir, les corps d’une vingtaine de membres du Hamas, parmi eux, Bahaa Saker, garde du corps personnel de Khaled Meshaal.

Le Hamas, a reconnu que les combattants morts aux côtés de l’ASL et du front Al-Nosra étaient bien des membres du Hamas, mais affirma qu’ils n’étaient pas en mission officielle, simplement "à titre individuel"…

Dans le même temps Moussa Abu Marzouk, un chef du Hamas basé au Caire, invite non sans cynisme, le Hezbollah à retirer tous ces hommes de Syrie et à se focaliser sur la lutte contre l’ennemi sioniste.

Les leaders du Hamas, Khaled Meshaal en tête, abandonnent petit à petit leur ancienne stratégie politique claire et cohérente, seule capable d’aboutir à la victoire (à l’image du Hezbollah qui n’a pu obtenir la libération du Sud-Liban qu’après une âpre guérilla contre Tsahal); au profit de négociations politiques et d’un sectarisme religieux de plus en plus prononcé.

Influencés dès le plus jeune âge par les enseignements d’Ibn Taymiyya , puis par les prêches d’Al-Qaradawi, et par d’autres prêches de sheiks radicaux qui leurs apprennent qu’il est plus agréable pour Dieu qu’un salafiste "verse le sang des chi’ites plutôt que celui des chrétiens ou des juifs", la branche politique du Hamas affiche non seulement son soutien aux jihadistes du front Al-Nosra, mais prend de plus en plus ses distances avec le Hezbollah, l’Iran et les autres forces de résistance anti-israéliennes dans la région.

Le 23 juin dernier, un fait sans précédent se produisit dans la Bande de Gaza, pour la première fois, un leader des Brigades al-Quds (mouvement de résistance palestinien intégré à l’ensemble de l’axe de la Résistance) , Raed Jundiya, était tué chez lui, non pas par une frappe israélienne mais….. par le Hamas lui-même !

Coïncidence où pas ? Au même moment, des rumeurs insistantes mais non vérifiables affirment que la branche politique du Hamas envisage de déposer les armes et de mettre définitivement fin à la lutte armée.

Une chose est certaine, depuis l"opération « Pilier de défense » et l’assassinat d’Ahmed al-Jabaari (ex-chef militaire des Brigades al Qassam) en novembre 2012, le Hamas est profondément divisé; le fossé ne cesse de se creuser entre la branche militaire du Hamas, et l’aile politique faisant courir le risque d’une scission définitive.
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Source : http://allainjules.com/2013/06/28/le-hamas-au-bord-de-limplosion-prochaine-victime-du-complot-rate-contre-la-syrie/

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