samedi 11 mai 2013

Syrie :Israël et les terroristes combattent, dans la même tranchée, par Pierre Khalaf



Syrie :Israël et les terroristes combattent, dans la même tranchée, par Pierre Khalaf
IRIB- Les masques sont tombés, en Syrie.
L'armée israélienne est directement entrée dans la bataille, aux côtés des groupes terroristes, après que ces derniers eurent échoué, dans la mission qui leur a été impartie, par l'alliance composée de l'OTAN, les pétromonarchies du golfe Persique et Israël, sous la direction des Etats-Unis.
L'aviation israélienne a violemment bombardé, dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs objectifs militaires et civils syriens, faisant des dizaines de morts. La télévision russe Russia Today évoque un bilan de 300 morts, dont de nombreux militaires, dans ces attaques, qui ont visé des dépôts d'armes et de munitions, des casernes et des positions de la défense anti-aérienne, dans la périphérie de Damas. Selon des informations sûres, près de 40 avions ont participé à ces raids, qui constituent une violation flagrante de la souveraineté d'un pays indépendant.
Les raids israéliens interviennent, donc, après les revers stratégiques infligés aux groupes terroristes, dans les régions de Damas et de Homs, où leurs structures de commandements, bâties ces 15 derniers mois, à grands renforts de milliards de dollars, provenant du Golfe, et des milliers de tonnes d'armes, venant des entrepôts de l'OTAN, de Libye et de Croatie, se sont effondrés, en quelques semaines. Et avec eux se sont envolés les espoirs de l'OTAN de renverser le régime syrien.
Devant la débandade de ses auxiliaires, Israël n'avait plus le choix que de se jeter, directement, dans la bataille, sous de futiles prétextes: empêcher les armes chimiques de tomber entre des "mains peu sûres", lutter contre l'approvisionnement du Hezbollah en armes... tous ces arguments ont été avancés, dimanche, pour justifier l'agression israélienne. Mais la véritable explication est ailleurs: depuis des semaines, les responsables israéliens multiplient les déclarations, appelant l'Occident à prendre des mesures urgentes, pour renverser le régime du Président Bachar al-Assad, surtout, depuis que son armée a repris l'initiative militaire.
La coordination entre les Israéliens et les groupes terroristes s'est clairement manifestée, lors des raids de samedi-dimanche. A peine les avions israéliens avaient-ils largué leurs missiles et leurs bombes que des centaines de terroristes ont tenté de prendre d'assaut les check-points de l'armée, pour entrer, dans Damas. Ils se sont, cependant, heurtés à l'armée syrienne, qui les a repoussé facilement. L'apparition publique du président syrien, samedi, pour la deuxième fois, en trois jours, illustre ce changement stratégique, sur le terrain. Le leader syrien a eu droit a un véritable bain de foule à l'Université de Damas, où il a été accueilli en héros, par des milliers d'étudiants, lors de l'inauguration d'une stèle érigée à la mémoire des dizaines d'étudiants, tués par les terroristes, à Alep, Damas et ailleurs.
Malgré les pressions exercées, par le lobby pro-israélien, à Washington, Barack Obama n'est pas enthousiaste à l'idée de se lancer, dans une nouvelle guerre, pour le compte d'Israël, alors qu'il vient juste de quitter le marécage irakien et s'apprête à évacuer le bourbier afghan. Il a, d'ailleurs, clairement déclaré, samedi, au Costa Rica, ne pas prévoir d'envoyer des soldats américains, sur le territoire syrien, s'il était prouvé que le régime de Bachar al-Assad avait eu recours à son stock d'armes chimiques. "Je n'envisage pas de scénario, dans lequel des soldats américains, sur le sol syrien, seraient une bonne chose, pour les Etats-Unis, et même une bonne chose, pour la Syrie", a déclaré M. Obama. D'autant plus que les sondages montrent que les Américains sont, majoritairement, hostiles à une intervention des Etats-Unis, en Syrie. Dix pour cent, seulement, des personnes interrogées, dans ce sondage réalisé en ligne, entre le 16 avril et le 1er mai, estiment que Washington devrait intervenir, dans les combats. Soixante-et-un pour cent sont hostiles à toute intervention. Mais Obama a donné son feu vert à Tel-Aviv, en ressassant l'éternel refrain sur "le droit d'Israël à se défendre".
Devant la gravité de l'agression israélienne, le commandement politique et militaire syrien s'est réuni, d'urgence, dimanche, pour examiner les moyens de riposter, alors que la Ligue et les pays arabes se muraient, dans un silence de mort, après avoir remué ciel et terre, pendant plus de deux ans, pour soi-disant "défendre le peuple syrien et son droit à la liberté". Seul, l'Iran, a réagi, en condamnant, vigoureusement, l'agression israélienne, affirmant que la Syrie "n'est pas et ne sera pas seule, face aux agressions israéliennes".
Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal al-Moqdad, a qualifié les raids de "déclaration de guerre", affirmant que la Syrie se réserve le droit de riposter "à l'endroit et au moment qu'elle juge opportun".
Malgré l'aide israélienne venue du ciel, les terroristes ont poursuivi leur recul, face à l'armée syrienne, sur tous les fronts. Au Sud d' Alep, les troupes régulières ont pris la localité de Hreibil, dans la province de Homs, elles sont entrées, dans les quartiers Sud et Est de la ville de Qoussair, dernière position, où les terroristes sont encore présents, après avoir été chassés de l'ensemble de la région. Selon les premières informations, de nombreux terroristes de diverses nationalités ont été tués ou arrêtés.


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