lundi 27 mai 2013

L'Argentine se retourne contre le Mossad: le destin de l'Occident pourrait basculer



Cristina Kirchner
Lundi 25 février 2013
La présidente Cristina Kirchner rend fous de rage les sionistes, parce qu' Argentine et Iran se sont mis d'accord sur une commission d'enquête mixte au sujet de l'attentat de 1994 contre le centre communautaire juif AMIA, dont Israël veut à tout prix faire accuser l'Iran. La situation est tout à fait inédite et ne s'explique que si c'est Obama qui a encouragé l'Argentine à se tourner résolument vers l'Iran. Le président Obama, sur ce dossier, pousse très loin l'offensive contre Israël. Si l'on tient compte du fait qu'il semble bien négocier avec l'Iran, la Russie et la Syrie un Yalta visant à réduire définitivement l'emprise israélienne sur le Moyen Orient (http://www.voltairenet.org/article177546.html), la situation est extrêmement dangereuse pour lui, et on ne peut que saluer le courage et l'audace du président américain. Le dernier président US à avoir fait face à Israël était J. F. Kennedy...

En attendant de pouvoir assassiner Obama, réduire l'Iran en cendres et déclencher l'apocalypse sur toute la planète, les Israéliens expriment vigoureusement leur colère. Qu'on en juge: le dirigeant communautaire local Burger a même menacé publiquement la présidente d'un troisième attentat, après celui de 1994 et celui de 1992 (contre l'ambassade israélienne). Comme elle répondait avec une maîtrise parfaite à ce que toute l'Argentine a interprété comme une menace de mort contre sa personne (après Arafat et peut-être Chavez, quoi de plus plausible ...) "ah bon, et comment le savez-vous, et qui en seraient les commanditaires?", les organes juifs s'égosillent maintenant sur le thème plus consensuel d'après eux: le troisième attentat, c'est maintenant, sous nos yeux, c'est l'attentat culturel, les juifs argentins sont bafoués dans leur existence et dans leur essence même etc. Bref, "l'Holocauste argentin", chapitre 3, aurait lieu sous nos yeux, en ce moment même, dans l'indifférence complète du monde. A un détail près: c'est le Mossad qui avait organisé les deux attentats à la bombe de 1992(23 morts) et 1994 (85 morts), l'enlisement des enquêtes, et l'accusation absurde de l'Iran. Voici l'état de la question à ce jour, selon les spécialistes argentins eux-mêmes (voir les contributions d'Adrian Salbuchi, Juan Gabriel Labake, José Petrosino mises en ligne le 7 février 2013 par LTV1 : http://youtu.be/i2weV2LUaic) .

1. Quelques faits

Il est établi par le centre de recherche en explosifs de l'université de Tucuman, que l'explosion de 1994 a eu lieu à l'intérieur du bâtiment de l'AMIA. Il suffisait d'ailleurs, dès le premier jour, de voir la photo des dégâts, les débris ayant été projetés à l'extérieur. Plusieurs témoins ont déclaré sous serment qu'aucune camionnette blanche Renault n'était arrivée sur les lieux, contrairement à l'affirmation immédiate des Israéliens.

Il est établi que c'est un officier du Mossad israélien qui a apporté, en avion, avec la commission d'enquête israélienne, un morceau de moteur dont on a voulu faire croire que c'était le reste de la camionnette piégée qui aurait été conduite par un terroriste arabe. Renault a identifié la pièce en question, provenant d'une voiture qui n'avait subi aucune déflagration. D'autres débris "trouvés" sur les lieux provenaient d'autres voitures encore.
Un témoin argentin a vu la personne qui, au carrefour le plus proche, a appuyé sur un détonateur, provoquant la déflagration. Ce témoignage a été validé par la commission d'enquête argentine. L'authentique terroriste, jamais recherché, avait le type européen, comme un autre personnage, le premier à avoir affirmé aux passants terrifiés que l'explosion était partie d'une camionnette blanche, Renault; celui-ci s'était promené sur les lieux aussitôt après l'explosion, mettant mal à l'aise les autres personnes qui avaient accouru parce qu'il ne semblait nullement ému; et il emporta tranquillement le contenu d'un grand sac, vidé puis rempli sur les lieux, sans être inquiété, grâce à la confusion générale et au retard des autorités pour interdire l'accès aux lieux.

Une semaine plus tard, les services israéliens ont creusé un trou dans la chaussée, et ont annoncé avoir trouvé le cratère correspondant à la voiture piégée (qui n'a jamais existé). Les enquêteurs argentins ont beaucoup ri.
Le jour de l'explosion, des sacs "de ciment" venaient d'être livrés, à l'entrée du bâtiment: aucune enquête à ce sujet, mais un Syrien fut plus tard accusé d'avoir livré des explosifs... à un membre du Hezbollah libanais qui... ne savait pas conduire ... se trouvait au Liban à la date des faits .. a été tué par les Israéliens deux mois plus tard... et aurait été doué d'ubiquité, ce qui lui aurait permis de commettre un attentat suicide à Buenos Aires, avec le succès que l'on sait.

En 1992, avait eu lieu la répétition générale : l'attentat contre l'ambassade israélienne avait été aussitôt présenté par les Israéliens comme provenant d'une voiture piégée inexistante, des sacs "de ciment" venaient d'être livrés, comme en 1994, et l'explosion eut lieu à l'intérieur du bâtiment. Apparemment, on remit le couvert parce que le président Menem n'avait nullement remis en question les accords de coopération de l'Argentine avec l'Iran à la suite du premier attentat. Après le deuxième, il fut un peu plus docile, et indemnisa sans tortiller l'AMIA à la hauteur des millions demandés.

2. L'enquête.

Le président Menem, d'origine syrienne, tenait à se faire bien voir des Israéliens. C'est ainsi que son premier voyage présidentiel fut pour Tel Aviv, et non pour Damas, comme il l'avait promis pour attirer le vote des Levantins. Il consentit à laisser le champ libre aux enquêteurs israéliens, tout comme en 1992 d'ailleurs. Israël le remercia à sa façon, quelques années plus tard, l'accusant d'avoir été complice de l'attentat, à la tête d'une "connexion locale" syrienne, faisant du trafic d'armes...

Le juge Galeano fut prié par un agent israélien d'accuser un revendeur de voitures d'avoir fourni la voiture piégée (inexistante); il remit 400 000 dollars au dit revendeur pour se prêter au jeu, et accuser à son tour des policiers argentins (du bord opposé au parti politique de Menem, le président en place). Cette scène a été filmée (par des acolytes des policiers visés), à l'insu des deux personnes en question! On trouva sur l'agenda du revendeur le mot "Iran", d'une autre écriture que la sienne; il avait été mis sur écoute plusieurs jours avant l'attentat. Bref, dès le départ, il avait été choisi pour le rôle de coupable d'avoir fourni une voiture qui aurait été piégée. Mais il se débat fort bien depuis le départ, et il a survécu! Il est devenu le légendaire Telledin, que les Argentins appellent le "Lee Oswald" de l'affaire; il a fait dix ans de prison, après quoi il a été blanchi de toute accusation et relaxé, tandis que le juge était destitué, simplement.

En 2002, lorsqu'Israël et la Syrie semblaient trouver un accord sur la question du Golan, la piste iranienne fut réactivée. Un procureur fut nommé pour reprendre l'enquête à zéro, et répondit aux sollicitations israéliennes en faisant poursuivre l'ancien président de l'Iran, le ministre actuel de la défense, le chargé d'affaires à l'ambassade d'Iran à Buenos Aires et d'autres personnes également respectables. L'une d'entre elles, l'ambassadeur Soleimanpour, arrêté à Londres par Interpol, fut ensuite relâché et indemnisé, parce qu'il n'y avait pas l'ombre d'une preuve pour l'inculper. L'Argentine dut payer 280 000 dollars de frais de justice, et l'indemnisation.

Le dit procureur, toujours en activité, continue à demander l'extradition de 7 Iraniens, mais ne fournit toujours pas l'ombre d'une preuve aux autorités iraniennes afin que celles-ci puissent les juger et décider éventuellement de les remettre à la justice argentine. Les soi-disant témoins iraniens qui ont désigné les dites personnalités sont 12 moujahidines, mouvance terroriste explicitement reconnue comme telle par de nombreux pays, et ils sont recherchés par l'Iran; l'un d'entre eux est prisonnier de la CIA, en Allemagne, actuellement.

On comprend que les associations de défense des victimes désespèrent de la justice argentine: l'enquête sur le premier attentat a été tout simplement abandonnée, dès que la piste de la camionnette s'est révélée n'être qu'un bobard israélien; mais, correctement manipulées, ces associations n'envisagent pas encore d'autre explication à leur malheur que l'antisémitisme des néonazis locaux, qui ourdiraient constamment de savants complots, avec le soutien occulte des gouvernements successifs.

3. Les relations Iran Argentine

L'Argentine avait d'excellentes relations commerciales avec l'Iran, et depuis les années 1990, le volume des exportations argentines vers l'Iran, considérable, a plus que doublé. Cela comportait à une époque, sans rupture entre l'Iran du shah et l'Iran de Khomeiny, la vente d'armes, et de technologie nucléaire. Or, sous la pression des USA, dès 1989, l'Argentine avait mis fin à la coopération nucléaire avec l'Iran, qui s'était tourné avec succès vers la Chine. Voilà ce qui insupporte Israël: les attentats n'avaient nullement altéré le flux global des échanges! Il aurait évidemment été absurde de la part de l'Iran, d'avoir organisé des attentats à Buenos Aires, alors que l'Argentine est son premier partenaire en Amérique latine, de loin.
En 2006, malgré l'échec retentissant de l'accusation contre Soleimanpour en 2003, Israël a remporté une victoire en obtenant que le président Kirchner accuse publiquement l'État iranien lui-même, ce qui est aussi grave que rare.
En acceptant la constitution d'une commission mixte Iran-Argentine, le gouvernement argentin vient donc bel et bien d'effectuer un virage à 180°, après une vingtaine d'années passées à obéir à des degrés divers aux injonctions israéliennes, à ses dépens. Le ministre des Affaires étrangères, Hector Timmerman, y joue une excellente partition. Juif lui même, fils d'un célèbre intellectuel de gauche ayant combattu la dictature militaire, puis devenu très critique contre Israël, il ne cesse de rappeler que les juifs argentins sont argentins, et que les Israéliens n'ont pas à faire la loi en Argentine...

Les gouvernements argentin et iranien ont depuis longtemps signé le traité international de coopération pour lutter contre le terrorisme; les Israéliens n'arrivent pas à obtenir que l'un ni l'autre le piétine, non plus que les lois nationales en vigueur, pour provoquer un casus belli.

Comme le répète le professeur Juan Gabriel Labaké, les attentats de 1992 et 1994 furent les derniers d'une série de 17 attentats sous faux drapeau organisés et commis par Israël à partir des accords d'Oslo, avec des aspects techniques semblables (le premier à l'avoir affirmé, en montrant la logique sioniste à l'œuvre, le chercheur Nestor Ceresole, est mort brutalement à la suite de troubles gastriques, en 2003). Le résultat immédiat en a été un traumatisme certain pour les Argentins, juifs et non juifs, qui ont été embarqués sur un "chemin mental tracé d'avance", ou, comme le dit Art Oliver dans le contexte du 11 septembre, dans une "opération terreur". Jamais deux sans trois: pendant presque 20 ans, ils ont été paralysés par la terreur, dans l'attente de quelque chose de pire encore que leurs deux attentats "antisémites". Mais désormais le journal de gauche Pagina 12 soutient les initiatives du gouvernement, certainement soutenu à son tour par l'administration Obama, et le coût politique des crimes israéliens contre l'Argentine peut s'avérer immense...

La responsabilité précise des dirigeants communautaires complices de l'assassinat d'une centaine de personnes au total, juifs et non juifs, dont un prêtre catholique (dans l'attentat de 1992), et sans compter les blessés, reste à établir avec précision. Mais déjà le ministre Timmerman pointe du doigt Rubén Beraja, le Madoff argentin, bel et bien condamné et emprisonné un temps pour avoir conduit l'Argentine à la débâcle financière de 2003, avec les malversations de la banque qu'il avait créée, alimentée par des fonds de pension, escroc notoire mais néanmoins autorité religieuse et président de la DAIA à l'époque des faits (le Crif local, officiellement en charge de l'amitié Israël-Argentine). Et le ministre Timmerman ajoute que ceux qui s'opposent aujourd'hui à la commission d'enquête mixte agissent à la façon du sinistre Beraja..., celui-là même qui avait répandu de colossaux pots-de vin pour détourner l'enquête (voir http://www.voltairenet.org/article162827.html)

Quoiqu'il en soit, on s'étonne du côté "travail d'arabe" d'un montage sous faux drapeau incroyablement bâclé. Décidément, la force du Mossad n'est pas dans l'art du camouflage; mais principalement dans l'art maffieux de la tuerie aveugle et du graissage de pattes. Et, l'humanité étant ce qu'elle est, cet art a ses limites.

Le Congrès argentin doit valider prochainement la constitution de la commission mixte, qui donnera l'occasion à l'Iran de désigner les vrais coupables, fort peu discrets au demeurant. La presse iranienne signale les points communs entre les opérations de Buenos Aires et le récent attentat sous faux drapeau en Bulgarie. Tuer de la piétaille juive n'a jamais gêné le Mossad; ils supposent toujours que cela va ramener vers Israël les juifs pas assez sionistes à leur goût. "The recent terrorist attack against Jews in Bulgaria was a similar scenario, through which Israel repeated its false accusations against the Lebanese resistance movement Hezbollah and called on the European Union to put the group on its list of terrorist organizations. Thus, the Iran-Argentina truth commission could expose Israel’s false-flag terrorist operations and treacherous machinations of the past 20 years." (http://tehrantimes.com/opinion/105896-iran-and-argentina-deal-a-serious-blow-to-zionists) A suivre...

Source : http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Maria_Poumier.250213.htm

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