mercredi 24 avril 2013

Lutte entre le Qatar et l’Arabie saoudite en Syrie

Source : http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=108730

Un diplomate arabe qui suit de près les dossiers de la crise syrienne -notamment lessuccès enregistrés par l’armée régulière à Qoussair, la démission de Moaz al-Khatib et les appels à la mobilisation pour défendre Qoussair lancés par les cheikhs intégristes Salem Raféï et Ahmad al-Assir- affirme que ces développements s’inscrivent dans lecadre d’une lutte d’influence entre le Qatar et l’Arabie saoudite. que le régimesyrien exploite à merveille pour réaliser des succès qualitatifs sur le terrain.

Le langage du silence et le retrait tactique opérés par Riyad sont interprétés par l’Etat syrien comme un feu vert pour anéantir les groupes salafistes appuyés par Qatar et qui n’ont jamais été en bon terme avec les groupes wahhabites soutenus par l’Arabie saoudite.

En parallèle, le diplomate arabe, cité par le site libanais Ennashra ne dément pas la participation du Hezbollah aux combats de Qoussair. Il évoque même des informations sur la participation, depuisplusieurs mois, de combattants du parti à la protection des lieux saints en Syrie.

Mais selon lui, l’activisme sunnite qui est apparu ces dernières heures doit être inscrit dans le cadre des intérêts divergents entre le Qatar et l’Arabie saoudite.

Le Qatar serait en effet le grand perdant si le régime syrien ne tombe pas. Non seulement parce qu’il ambitionne de se positionner en tant que leader politique du monde arabe, après avoir imposé sa mainmise sur la Ligue arabe.

Le maintien du président Assad au pouvoir constitue en fait le coup de grâce au projet de gazoduc pour transporter le gaz qatari vers l’Europe via la Turquie et la Syrie. Cette perte serait stratégique et non pas tactique pour le Qatar, car l’émirat ne pourra pas se placer en concurrent du gaz russe.

L’Arabie saoudite, quant à elle, serait la grande perdante en cas de chute du président Assad, car le régime syrien constitue pour elle la première ligne de défense pour se protéger de l’avancée des salafistes, des Frères musulmans et d’Al-Qaïda vers son territoire. De plus, la chute du régime placera le royaume wahhabite dans une situation de confrontation directe avec l’Iran.

A la lumière de cette lecture particulière des événements, le diplomate arabe exprime sa crainte de voir le conflit se transformer en lutte sunnite-sunnite, notamment entre le wahhabisme et le salafisme.

Deux cheikhs intégristes appellent au jihad en Syrie

Deux cheikhs intégristes libanais ont appelé  au jihad (guerre sainte) en Syrie pour soi-disant contrer le Hezbollah qu’ils accusent de combattre aux côtés de l'armée syrienne.

"Nous annonçons la création des 'brigades de la résistance libre'" pour aller combattre en Syrie, a déclaré Ahmad Assir, qui jouit du soutien du Qatar.

Il a émis une fatwa (décret religieux) "qui impose à tout musulman à l'intérieur et à l'extérieur du Liban (...) d'aller en Syrie et de défendre ses habitants et ses mosquées notamment à Qousseir et à Homs".

Il a prétendu avoir pris cette décision après que le chef du Hezbollah Sayed Hassan "Nasrallah et ses chabbihas (bandits) ont pris la décision d'entrer dans ces régions pour y massacrer les opprimés".

Dans le nord du Liban, un autre cheikh extrémiste, Salem al-Rafii, a également appelé au jihad en Syrie.

Il est à noter que plusieurs villages à la frontière libano-syriennes sont habités par des familles libanaises. Les rebelles syriens ont agressé à maintes reprises ces villageois libanais. Ces derniers jours, ils ont même lancé une dizaine de roquettes contre la région frontalière de Hermel, à l’est de Liban.

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