mercredi 20 mars 2013

Bachar elAssad à ses visiteurs : Pour ces raisons je suis optimiste

Source : http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=102230&cid=18&fromval=1



Alors que les opposants au régime syrien s’attendaient à une révolution populaire qui assure la mise en place d’un régime démocratique, ceux-ci expriment aujourd’hui leur désarroi face au chaos qui règne dans leur pays et qui provoque des malheurs sans égal au peuple syrien. C’est ainsi que l’opposant Haytham Mannaa a réclamé de la communauté internationale de « stopper les batailles militaires absurdes », qualifiant ce qui se passe en Syrie de « guerre » et non pas de « révolution ». Il y a déjà deux ans, ce même opposant vivant à l’extérieur de son pays assurait que la seule solution à la crise syrienne est de négocier pacifiquement avec le régime. Le temps des négociations est-il venu ?
Bachar elAssad : « La coopération avec les alliés se fait au niveau des expertises et non des combattants »
« La chute de la région de Raqqa dans les mains de l’opposition n’a pas sapé le moral du régime ». S’exprimant devant ses visiteurs, le président Bachar elAssad assure que « la bataille est de longue durée parce qu’il s’agit d’une lutte contre le terrorisme dans laquelle ont échoué toutes les forces du monde ». « Mais les choses vont bon train sur les plans politique et militaire : l’armée est désormais plus expérimentée au niveau des déplacements des miliciens, de plus, c’est l’armée qui choisit le lieu et le temps de la bataille au lieu d’y être entrainé. Ceci a empêché la dispersion des forces militaires, contribué à contenir certaines zones en guerre, limité considérablement le mouvement des miliciens dans des lieux où ils avaient l'intention de planifier des attaques de grande envergure. De même, le système de brouillage des communications a changé et les dispositifs de surveillance ont évolué, permettant ainsi des opérations «ciblées» et plus douloureuses pour les insurgés, explique le président Assad.
Selon lui, « des changements importants sont survenus au niveau de l'infrastructure de l’armée et des renseignements. La coordination s’est accrue avec certains de nos alliés qui ont présenté beaucoup d'expériences dans les différents domaines. Les comités populaires qui deviennent jour après jour en tant qu’armée alternative ont joué un rôle majeur dans la protection des zones évacuées par l'armée. La Russie est par exemple prête à combler toute pénurie de matériel militaire. Le Hezbollah et l'Iran ont présenté toutes leurs compétences pour protéger les sites religieux, tels que le mausolée de Sayeda Zeinab, et les villages qui faisaient l’objet de plusieurs attaques. A Damas, la coopération se fait au niveau des expertises et non des combattants.
Dans le domaine militaire aussi, des changements radicaux se font sur les frontières. La Jordanie est toujours engagée dans la coopération sécuritaire avec la Syrie. Pour le roi Abdallah de Jordanie, la guerre contre alQaida ou le front annosra est une bataille jordanienne. La coopération récente sur le plan militaire a permis de tuer des commandants et des éléments d’alQaida et du front annosra, dont Abou ali elJoulani tué à Homs ».
Plusieurs avertissements au Liban

Le président Assad, cité par ses visiteurs, dit au sujet du Liban : « La situation avec le Liban est plus compliquée. Plusieurs mesures ont été prises dernièrement pour limiter l’infiltration des miliciens. Certaines mesures ont été efficaces alors que d’autres ont échoué. Il s’est avéré que des parties politiques et sécuritaires libanaises sont impliquées dans ces infiltrations. Des informations parvenues à Damas révèlent qu’un incident sécuritaire dangereux pourrait avoir lieu aux frontières. Damas a ainsi établi un lien entre ces informations et des visites récentes effectuées par certains responsables libanais en Arabie Saoudite et au Qatar. Les responsables syriens détiennent des informations précises sur la teneur de certaines rencontres qui ont eu lieu dans le Golfe, notamment entre le président Walid Joumblatt et le prince Bandar ben Sultan, une rencontre qui a duré six heures. Ils connaissent aussi la teneur des discussions entre des responsables qataris et l’ancien premier ministre libanais Fouad Siniora. Les dirigeants libanais ont reçu le mot d’ordre de provoquer une escalade des violences aux frontières avec la Syrie ».
Tous ces éléments ont poussé les dirigeants syriens à révéler au grand jour la teneur de la lettre d’avertissement diplomatique adressée par l’ambassadeur syrien au Liban Ali Abdel Karim Ali au ministère libanais des Affaires étrangères, et à avertir encore le Liban de frapper les positions des miliciens ou des jihadistes qui puissent menacer la sécurité des territoires syriens depuis la Békaa ou le Nord Liban passant encore par d’autres régions.
La situation avec l’Irak est meilleure
« La coopération sécuritaire avec l’Irak est dans ses meilleurs états. Tout a changé après l’accentuation des attaques contre le Premier ministre irakien Nouri elMaliki. Celui-ci a senti que la guerre des axes l’a placé dans le même rang que la Syrie, l’Iran et le Hezbollah. Au début de la crise syrienne, certaines voix irakiennes disaient que la Syrie méritait ce qui se passe sur son territoire parce qu’elle facilitait le passage des éléments d’alQaida vers l’Irak. Aujourd’hui, l’étau se resserre autour des miliciens. Les patrouilles se multiplient, la coopération sur le plan des renseignements a atteint son apogée entre les deux pays, favorisée par un certain climat international. La raison en est que la crainte du front annosra plane sur tout le monde, surtout qu’alQaida a repris ses attaques au cœur de l’Irak.
La grande bataille
Selon des informations de renseignements, l’armée syrienne a préparé des plans précis pour mener des batailles d’envergure. Damas est désormais plus protégée que jamais. Des explosions ou des voitures piégées pourraient avoir lieu à tout moment. Des kamikazes peuvent attaquer des sites sécuritaires ou gouvernementaux, malgré les blocs de béton. Mais la grande bataille à Damas est devenue presqu’impossible. Des plans précis ont été mis en place pour la protection de la ville et la confrontation des miliciens. Quant à Homs, elle est sur le point de tomber entièrement dans les mains de l’armée, parce qu’une décision politique a été prise à cet égard. Pour le régime, Homs est une ville centrale dans la stratégie militaire. Il n’est pas permis qu’un pouce de son territoire reste dans les mains des groupes armés.
Quant à Alep, on attend la grande bataille. Mais tout dépend des discussions politiques entre Américains et Russes. Cette bataille pourrait couter cher, mais la direction syrienne reprend ce qu’elle a déjà dit concernant Bab Amr ou autres villes : « Nous entrerons là où nous voulons, mais cette question nécessite une décision politique. Nous ne voulons pas entrer puis permettre ensuite le retour des miliciens. La nature de la bataille a changé ».
Des rumeurs circulent sur de surprises sécuritaires. Les visiteurs du président Assad rapportent : « Nous menons une bataille acharnée contre le terrorisme et contre ceux qui soutiennent les miliciens. Nous réalisons que la fin de cette guerre n’est pas pour bientôt, mais nous sommes décidés à aller de l’avant pour éradiquer ce phénomène étrange à notre société ».
Le dialogue politique est important, mais…
Citant toujours Assad, ses visiteurs rapportent au sujet du dialogue avec l’opposition: « Nous n’avons jamais fermé la porte au dialogue, et nous n’allons pas le faire. Mais nous devons savoir avec qui dialoguer ? Qu’est-ce qu’on nous propose ? Quelle partie allons-nous négocier ? Chaque jour l’opposition se divise de plus en plus, ses divergences grandissent, chaque partie avance des propositions contraires aux autres. Qu’ils se mettent d’accord avant tout et nous verrons quelle position adopter. Nous avons déjà entamé un dialogue avec des parties de l’opposition de l’intérieur du pays et ceci a eu des résultats positifs. Nous avons proposé un projet complet pour les réformes et nous sommes prêts à en débattre. Les portes de la Syrie sont ouvertes à tout le monde, à l’exception des terroristes que nous allons combattre jusqu’à la fin ».
Et alAssad d’ajouter : « Nous dialoguons avec tout le monde à l’exception des terroristes, mais à partir de nos constantes, nous n’allons pas accepter qu’on nous impose des conditions. C’est ce que nous l’avons dit dès le début de la crise. Il s’avère que nous avions raison et les autres ont réalisé que nous étions sérieux ».
Assad : « L’ouverture au dialogue n’est pas due à la faiblesse du régime »
Dans ses rencontres avec des personnalités politiques arabes, le président syrien assure que l’ouverture de Damas au dialogue n’est pas due à la faiblesse du régime. « L’Etat est plus fort, l’armée est plus solide, et malgré toute cette guerre, la situation de la Syrie est la meilleure sur le plan régional. Regardez l’Egypte qui se trouve dans l’impasse, la Tunisie qui est noyée dans ses différends, les pays du Golfe qui ne savent comment agir face aux Frères musulmans, l’Arabie Saoudite dont le sort demeure inconnu, le Qatar déchiré sur le sujet de la succession du pouvoir et qui fait face à une opposition grandissante de plus en plus après que ses liens avec des djihadistes au Mali, en Libye, en Syrie… eurent été dévoilés. Quant à la Turquie qui cherche à sauver la face après son implication dans les affaires syriennes, est prête à faire toutes les concessions possibles, même avec le parti des travailleurs du Kurdistan et son chef Abdallah Ocalan !
Poutine est un allié solide
Pour le président syrien, l’alliance avec la Russie est dans ses meilleurs états. « Tout le monde soutient le rôle russe, et Moscou n’a pas changé sa position depuis le début de la crise. La Russie a dès le premier jour appelé les pays du Golfe, la Turquie et certains pays occidentaux à cesser d’approvisionner les miliciens en armes et a appelé à un dialogue politique. De même. Moscou a dit qu’Assad ne sera pas renversé, et deux ans après, tout le monde a réalisé ce constat. Le président russe Vladimir Poutine est décidé à jouer un rôle international et à restituer l’équilibre à ce monde unipolaire. Actuellement, l’envoi des navires militaires se multiplie. Pour les Russes, toute action militaire directe pour renverser Assad sera suivie d’une riposte militaire.
Le rapprochement USA-Russie
Assad n’a aucune confiance dans le rôle américain. Il sait bien que les plans américains et occidentaux dans la région visent à affaiblir l’axe de la résistance et à assurer la protection d’Israël. Par ailleurs, le président syrien est convaincu que les Américains ont déduit après deux ans à la crise que l’armée syrienne est devenue plus forte que jamais et qu’ils n’ont pas réussi à convaincre un diplomate syrien de quatrième degré de faire défection.
Selon le président syrien, la position américaine du terrorisme doit être claire. « Il est possible de se mettre d’accord sur une étape transitoire et sur un gouvernement élargi, mais la politique de ce gouvernement doit être claire au sujet du conflit avec Israël et de la laïcité de l’Etat. Le peuple syrien peut se décider s’il veut ou pas Assad mais à travers un processus électoral. Mais ceci ne peut avoir lieu qu’au dernier jour du mandat d’Assad et c’est une ligne rouge pour la direction syrienne ».
« Il faut donc former une équipe de l’opposition avec une politique claire ensuite nous pouvons dialoguer. Haytham Manna joue un excellent rôle dans ce contexte. Les Russes sont en train de collaborer avec les Américains pour cette fin. L'Arabie saoudite peut avoir un rôle en ce sens mais jusqu'à présent, elle est toujours impliquée avec le Qatar dans l’envoi des armes aux miliciens ». Certaines informations indiquent que le prince Muqrin pourrait devenir le prochain roi saoudien. Cet homme entretient des relations avec Damas.
Pour le président syrien, le Qatar est le vrai ennemi de la Syrie, et il fait partie d’un jeu plus grand. Quant au Hezbollah et l’Iran, « ils sont des alliés fidèles », et Téhéran inclut le dossier syrien dans ses pourparlers avec l’Occident. L’Iran sait bien comme Moscou que la guerre contre elle a lieu à Damas. Bref, cet axe s’étendant de Beyrouth aux pays de BRICS (regroupant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud) est désormais un acteur principal dans les équations internationales.
source: assafir

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