vendredi 18 janvier 2013

Dans la région d’Idlib, l’Armée syrienne libre a fondu comme neige au soleil »

Source: http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/237566-«dans-la-région-d’idlib,-l’armée-syrienne-libre-a-fondu-comme-neige-au-soleil-»


«Dans la région d’Idlib, l’Armée syrienne libre a fondu comme neige au soleil »

IRIB-Piccinin, un journaliste qui a toujours voulu le renversement du gouvernement syrien ...
....avoue que l'opposition armee est presque completement jihadiste. Il dit les avoir interviewes et ils on trepondu vouloir faire un gouvernement islamiste. Donc, les etats ou quiconque appuie ce qu'on appelle l'opposition appuie donc les jihadistes et le reultat sera pire qu'en Libye qui a fourni les armes a toutes les revolutions africaines islamiques ou autres, surtout au Mali.
Ceux qui appuient l'opposition en Syrie par la parole, la politique, la diplomatie ou le financement recherchent, qu'ils s'en defendent ou non, le chaos et la destruction des etats du Moyen-Orient et surtout celle des minorites ethniques et religieuses. Pour moi, Libanais, c'est la destruction du Liban assuree. Assez de mensonges a soi-meme et aux autres. Lisez plutot. Quoi de mieux que le temoignage d'un anti-Assad bien connu.
Roger Akl
L’historien belge Pierre Piccinin a encore remis cela. Il a visité le nord-ouest de la Syrie,
du côté d’Idlib, pendant les derniers jours de 2012 et les premiers de 2013. Depuis 2011, il s’est déjà rendu à sept reprises en Syrie. Sa dernière évaluation confirme le pessimisme qui l’habite depuis l’été : au sein de la rébellion, l’Armée syrienne libre, peu ou pas aidée de l’extérieur, perd du terrain au profit des groupes jihadistes. Interview.

Que rapportez-vous comme impressions de la région d’Idlib ?
L’évolution est surréaliste ! J’étais passé dans cette zone en juillet 2011, il ne s’y passait quasi rien, c’était calme. Maintenant, on ne voit plus que des ruines, des villages fantômes détruits. Les habitants ont fui, les derniers sont réfugiés à la frontière turque mais ne peuvent pas passer car les Turcs exigent dorénavant la possession d’un passeport, ce qui bloque la grande majorité de ces gens très pauvres qui doivent donc affronter la pluie et le froid dans des conditions très dures. A une quinzaine de kilomètres de la Turquie, près d’Atme, il y a un camp, appelé Qah, où des milliers de personnes tentent de survivre dans un dénuement dramatique, sans chauffage, abrités sous de simples bâches en plastique qui servent de tentes. Les gosses jouent dans une boue infâme. Les ONG internationales brillent par leur absence, j’ai juste vu un médecin syrien bossant pour Médecins du Monde. Comment vont-ils s’en sortir ? Il n’est pas étonnant de voir dans les cœurs grandir la haine de l’Occident, qui les a laissé tomber, haine que j’avais déjà ressentie ailleurs en Syrie.

Pourquoi avez-vous choisi d’aller dans la zone Idlib ?
Parce que c’est une région dans laquelle on assiste à une présence toujours plus importante de salafistes et de membres étrangers appartenant par exemple à Al-Qaïda. Idlib est un fief sunnite d’où provient notamment Adnan Al-Arour, un prédicateur radical qui vit désormais en Arabie Saoudite. Mais la ville proprement dite reste aux mains du régime de Bachar el-Assad, comme du reste toutes les villes sauf une partie d’Alep. La rébellion tient juste les zones rurales, dont les villages, mais l’armée pourrait les réoccuper, si elle ne le fait pas c’est pour des raisons stratégiques et de manque d’hommes. J’ai vu la Base 46 prise par la rébellion il y a quelques mois : ce qui a été présenté comme une grande victoire n’était rien d’autre que des casernements et des barbelés que l’armée n’a pas voulu protéger. Même chose à Taftenaz, un aéroport militaire tombé la semaine passée, on apprend qu’il n’y avait que 250 soldats vivant sous tentes et seulement des hélicoptères, pas d’avions: une autre base qui n’avait pas vraiment d’importance stratégique pour l’armée.

Qu’avez-vous vu comme rebelles armés ?
Les « katiba » (unités, brigades) de l’Armée syrienne libre (ASL) ont fondu comme neige au soleil pour une raison claire : les brigades islamistes disposent d’armes flambant neuves, des armes légères certes, surtout, alors que l’ASL semble condamnée à tirer les dernières cartouches de ses vieilles armes. Les jeunes qui veulent rejoindre la rébellion armée se dirigent maintenant vers les groupes islamistes, où ils trouvent armes et entraînement. J’ai pu rencontrer des chefs de plusieurs katiba islamistes, Jabhat Al Nosra, Al Farouk, Ahrar Al Sham : sauf cette dernière, ce ne sont pas des islamistes extrémistes et ils m’ont reçu sans histoire. Ils obtiennent leurs armes par la contrebande avec la Turquie et le Liban, contrebande qui serait financée par des hommes d’affaires du Koweït, d’Arabie Saoudite et du Qatar.
Constate-t-on une hostilité entre les rebelles de l’ASL et les jihadistes ?
C’est compliqué. A Alep, ils travaillent ensemble, même avec des unités d’Al-Qaïda, bien qu’un colonel de l’ASL m’avait assuré que ce ne serait jamais le cas. Mais les combattants islamistes ont la réputation d’être honnêtes, de ne pas recourir aux pillages, d’être courageux, prêts à mourir au combat. J’ai vu dans des villages des commandants de l’ASL très frustrés de voir leurs hommes se joindre aux jihadistes. Leur motivation ne sont donc pas du tout religieuses et ils se disent même parfois tristes de décevoir leurs officiers en quittant l’ASL.

Quel agenda poursuivent ces brigades islamistes, faire de la Syrie un Etat islamique?
Oui. J’en ai parlé avec plusieurs responsables de ces brigades et ils ne s’en cachent pas. Mais ils ajoutent qu’ils respecteront le choix éventuellement différent des Syriens une fois le régime tombé. S’agissant de leurs intentions envers les minorités, ils disent n’avoir aucun problème avec les chrétiens, les druzes, les Kurdes, etc. Mais quand on leur demande leur avis sur les alaouites (secte d’où provient l’essentiel du régime, NDLR), ils répondent et répètent une phrase : « les alaouites soutiennent tous le régime », ce qui sous-entend des conclusions inquiétantes.

Quelle proportion d’étrangers trouve-t-on dans leurs rangs ?
Il y a une immense majorité de Syriens ! 
Mais j’ai vu des Egyptiens, un Libyen, un Algérien, un Tunisien, deux Britanniques d’origine pakistanaise en provenance de Bradford, un Toulousain d’origine maghrébine. Ils ne ressemblent pas à des extrémistes religieux et disent venir pour aider leurs frères syriens.
Vous rentrez plus pessimiste que jamais ?
Quand on voit comment on réagit pour le Mali et qu’en Syrie on ne fait rien, c’est lourd. L’ASL est étranglée faute de moyensOn fait en réalité le jeu des wahhabites (la version sunnite la plus rigoriste en vigueur en Arabie Saoudite, NDLR) : les Etats-Unis croient peut-être protéger Israël en maintenant au pouvoir un Bachar el-Assad affaibli, mais je pense que c’est un très mauvais calcul car il se crée un sanctuaire islamiste en Syrie, alors qu’on pouvait aider les rebelles proches de la Coalition élargie aux structures largement laïques. Tout cela me laisse pour le moins perplexe.
PS Le récit de voyages de Pierre Piccinin à Alep en 2012 ont été partiellement publiés l’été dernier dans Le Soir (ou sur lesoir.be). Ses chroniques complètes viennent d’être publiées chez L’Harmattan sous le titre La Bataille d’Alep. Un dvd couvrant le même sujet, avec des images parfois très dures, est également disponible chez L’Harmattan.

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