jeudi 9 août 2012

Syrie et Iran « unis comme au front » Par Louis Denghien


Source : www.infosyrie.fr


« Le peuple syrien et son gouvernement sont déterminés à purger le pays des terroristes« . C’est le message que Bachar al-Assad a communiqué lundi à son allié iranien, représenté par l’émissaire à Damas du Guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, Saïd Jalili. Ce dernier a quant à lui réaffirmé que « l’Iran ne permettra jamais la destruction de l’axe de la Résistance dont la Syrie est un pilier essentiel » ; l’ »axe de la Résistance« , c’est, faut-il le rappeler ici, ainsi que se désignent les alliés géostratégiques syriens, iraniens et libanais (tendance Hezbollah), fermement opposés aux menées américaines et israéliennes dans la région.
Le président syrien a assuré que le pays était « en mesure de faire échec aux plans extérieurs qui visent cet axe de la résistance et la place que la Syrie y tient ».
Évidemment, Bachar et son interlocuteur ne s’apprenaient rien l’un à l’autre. Cette rencontre et les déclarations qui s’en sont suivies étaient à destination de l’extérieur, et singulièrement de l’Occident et de ses prolongements arabes. Le régime syrien, que les perroquets du journalisme français présentent rituellement depuis l’année dernière comme « de plus en plus isolé« , peut compter, en cas de coup dur, sur le soutien déclaré de l’Iran, d’une moitié du Liban et de tendances palestiniennes comme le FPLP. Sans compter celui technique et économique, autant que diplomatique, de puissantes puissances comme la Russie et la Chine.
Ré-exprimant l’analyse de son pays sur la crise syrienne, Saïd Jalili a déclaré que celle-ci n’ »est pas une crise interne mais un conflit opposant l’axe de la résistance dans cette région » à Israël et aux États-Unis. Une analyse qui cerne d’assez près selon nous la réalité, même si l’État hébreu laisse les Américains et ses « petites mains » de l’ASL faire le sale boulot de destruction du pays.
Cette réaffirmation de la solidarité – y compris éventuellement militaire – d’une puissance régionale comme l’Iran avec la Syrie est un nouveau feu rouge adressé aux aspirant ingérents de Washington, Ankara ou Doha – sans même parler des mouches du coche françaises. Qui plus que jamais n’ont d’autre ressources que de maintenir la tête hors de l’eau à une ASL qui a joué son, va-tout à Alep.
Une confidence édifiante de Kofi Annan
Dans la conférence de presse qu’il a tenue ensuite à l’ambassade d’Iran à Damas, Saïd Jalili a donné une sorte de petit scoop sur l’état d’esprit de l’émissaire – aujourd’hui démissionnaire – de l’ONU, Kofi Annan. Jalili a en effet rencontré par deux fois Annan, et lui a notamment demandé les raisons de l’échec de sa mission. Ce à quoi Kofi Annan a répondu que « certains pays » qui avaient prétendu être des acteurs du règlement de la crise syrienne s’étaient dans les faits transformés « en une partie du problème en Syrie« .
Pour être « off » cet aveu de l’émissaire de l’ONU  – et de la Ligue arabe – n’en est pas moins signifiant et important : Kofi Annan avait conscience, – depuis quand ? – de qui sabotait son plan de paix, et pourquoi.
Justement, Saïd Jalili s’en est également pris à l’administration Obama/Clinton, en lui adressant, par-dessus la tête des journalistes, cette pertinente question : « Si cette administration reconnait explicitement que les terroristes s’infiltrent (en Syrie) depuis les frontières, et sévissent dans ce pays en y tuant et en agressant (…) comment peut-elle offrir une couverture à leurs parrains (turcs et qataro-séoudiens) qui appuient le terrorisme quotidien ? » Le diplomate iranien faisait allusion aux propos tenus mardi par Hillary Clinton, laquelle s’inquiétait subitement de la présence en Syrie « de combattants terroristes » faisant dégénérer le conflit en « guerre religieuse » : les incohérences, ou le cynisme, de la diplomatie américaine ne sont plus à établir, mais c’est vrai que cette soudaine mise en garde de la Secrétaire d’État américaine s’apparente à un énième numéro de « pompier pyromane ».
Cette rencontre avec l’envoyé spécial du guide Ali Khamenei a été en tous cas l’occasion de la première apparition du président syrien à la télévision depuis le 22 juillet,, date de la prise de fonction officielle du nouveau ministre de la Défense, le général Fahd al-Freij, remplaçant le général Daoud Rajah tué dans l’attentat du 18 juillet.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire